Illustration : Groupe KEL : Orisha confirme un incident de sécurité, 1,3 million de personnes revendiquées

Groupe KEL : Orisha confirme un incident de sécurité, 1,3 million de personnes revendiquées

Orisha Real Estate, maison mère de Groupe KEL, a reconnu le 30 septembre 2026 un incident de sécurité sur KELSyndic 360, le logiciel de gestion de copropriété de l'éditeur. Cette reconnaissance arrive au lendemain d'une revendication publiée sur un forum cybercriminel. Un acteur y met en vente ce qu'il présente comme la base du groupe, soit environ 1,3 million de personnes selon lui.

Ce qu'Orisha Real Estate reconnaît

Dans un point d'information publié sur son site, Orisha Real Estate indique qu'un incident affectant KELSyndic 360 a été identifié, avec un accès non autorisé potentiel à certaines données. Elle précise que les notifications d'usage ont été effectuées et qu'une plainte est en cours de transmission aux autorités compétentes. Des investigations techniques sont en cours pour établir la nature et l'étendue des données concernées.

Les clients susceptibles d'être concernés doivent être informés individuellement. Orisha invite les utilisateurs à renouveler leurs accès et à se méfier de toute sollicitation inhabituelle par e-mail, téléphone ou SMS. Son point d'information ne cite ni la revendication ni son auteur. Il ne donne ni le nombre de personnes concernées ni les catégories de données exposées.

Ce que l'acteur revendique

Groupe KEL, éditeur français de logiciels de gestion de copropriété et de gérance locative fondé à Embrun, est rattaché depuis fin 2023 à Orisha Real Estate. L'acteur affirme avoir eu accès à l'ensemble de son infrastructure et avoir supprimé des sauvegardes. Il relie l'opération aux incidents qu'il avait déjà revendiqués contre Jestimo et Immo-facile, deux autres solutions immobilières du groupe Orisha.

La première partie compterait 4 080 536 lignes, soit environ 1,3 million de personnes selon l'acteur. Il annonce aussi 682 122 adresses e-mail, 618 008 numéros de téléphone, 250 973 prospects et 142 913 IBAN. Orisha Real Estate n'a repris aucun de ces chiffres.

Les données concerneraient les copropriétaires, locataires, propriétaires bailleurs, fournisseurs et collaborateurs des cabinets de syndic et d'administration de biens qui utilisent ces logiciels, partout en France. Elles mêleraient identité et coordonnées, date et lieu de naissance, coordonnées bancaires, mandats de prélèvement SEPA, factures d'honoraires et comptes d'accès aux espaces en ligne et aux applications mobiles. L'extrait joint à l'annonce ferait apparaître des mots de passe en clair.

Une seconde partie, d'environ 110 Go compressés, regrouperait près de 200 000 documents PDF. L'acteur y cite des pièces d'identité, des factures, des bulletins de paie, des avis d'imposition, des documents bancaires et des photos. Les enregistrements présentés s'étendraient jusqu'à la fin septembre 2026. Un extrait d'environ 11 000 lignes est proposé en téléchargement libre, le reste étant vendu au plus offrant.

Des risques de fraude pour les copropriétaires et les locataires

Des coordonnées bancaires, des mandats de prélèvement et des factures d'honoraires permettent de se faire passer pour un syndic ou un gestionnaire et de réclamer un paiement vers un nouveau RIB. Une demande de changement de coordonnées bancaires mérite d'être vérifiée auprès du cabinet par un canal habituel. Les mots de passe exposés appellent un renouvellement des accès, comme le recommande Orisha, y compris sur les autres services où ils auraient été réutilisés. Si la seconde partie est réelle, les pièces d'identité et les bulletins de paie ouvrent aussi la voie à l'usurpation d'identité.

Détails techniques :

  • Incident reconnu le 30 septembre 2026 par Orisha Real Estate sur KELSyndic 360
  • Notifications d'usage effectuées, plainte en cours de transmission selon Orisha
  • Première partie : 4 080 536 lignes annoncées
  • Estimation de l'acteur : environ 1,3 million de personnes
  • 682 122 adresses e-mail annoncées
  • 618 008 numéros de téléphone annoncés
  • 250 973 prospects annoncés
  • 142 913 IBAN annoncés
  • Seconde partie : environ 110 Go compressés
  • Près de 200 000 documents PDF annoncés
  • Extrait d'environ 11 000 lignes proposé en téléchargement libre
  • Enregistrements s'étendant jusqu'à fin septembre 2026

Données concernées :

  • Nom complet
  • Adresse e-mail
  • Numéro de téléphone
  • Adresse postale
  • Code postal
  • Ville
  • Pays
  • Date de naissance
  • Lieu de naissance
  • IBAN
  • BIC
  • RIB
  • Coordonnées bancaires
  • Mandat SEPA
  • Facture
  • Montant
  • Mot de passe
  • Mot de passe (haché)
  • Jeton d'authentification
  • Identifiant de connexion
  • Identifiant interne
  • SIRET
  • Données professionnelles
  • Fiche client
  • Champs libres
  • Pièce d'identité
  • Données d'emploi
  • Documents
  • Photos

Mentions :
Statut Fuites Infos : Confirmée

Que faire si vous êtes concerné ?

  • Surveillez vos relevés bancairesUn IBAN ne permet pas de retirer de l'argent, mais il peut servir à mettre en place un prélèvement frauduleux. Contrôlez vos relevés et contestez auprès de votre banque tout prélèvement que vous n'avez pas autorisé : vous disposez de 13 mois pour le faire.
  • Changez votre mot de passeModifiez le mot de passe de votre compte Groupe KEL, puis celui de tout autre service où vous utilisiez le même. Activez la double authentification lorsqu'elle est proposée.
  • Méfiez-vous des e-mails au nom de Groupe KELDes coordonnées exposées permettent d'écrire des messages d'hameçonnage très crédibles. Ne vous connectez jamais depuis un lien reçu par e-mail : passez par le site ou l'application officiels.
  • Restez vigilant face aux appels et SMSUn faux conseiller peut citer des informations exactes pour gagner votre confiance. Ne communiquez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou vos coordonnées bancaires à un interlocuteur qui vous contacte.
  • Soyez attentif aux tentatives d'usurpation d'identitéSurveillez tout courrier inhabituel ouvert à votre nom : crédit, abonnement, contrat. Si vous constatez une usurpation, déposez plainte et conservez le récépissé, il vous sera demandé pour contester.
  • Faites-vous aiderLe dispositif public cybermalveillance.gouv.fr accompagne gratuitement les victimes et recense les arnaques en cours.

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